STRESS ET SOUFFRANCE AU TRAVAIL

Les principaux symptômes liés à l’anxiété/stress  en lien avec le travail: 

  • Manifestations Physiques (fatigue généralisée, maux de dos, tensions musculaires, troubles du sommeil, maux de tête, douleurs articulaires, douleurs musculaires (cou, dos, épaules), troubles digestifs, infections cutanées…)
  • Manifestations émotionnelles et affectives (sentiment de vide, d’impuissance, perte de confiance en soi, irritabilité, sensibilité et nervosité accrue, irritabilité, agressivité, puis dans un second temps des symptômes dépressifs : apathie, auto-dévalorisation, perte d’intérêt et de plaisir dans la vie quotidienne)
  • Manifestations cognitives (difficultés de concentration, de mémoire, indécision, difficultés de concentration, d’apprentissage, de mémorisation, difficulté à la prise de décision, rumination mentale)
  • Manifestation comportementales (repli, isolement, agressivité, attitude négative envers le travail, démotivation, addictions, troubles alimentaires).

Le modèle tridimensionnel de Maslach&Jackson parle de 3 dimensions : 

Il y a des « stresseurs » qui vont amener à :

  • Un épuisement émotionnel : fatigue psychique et physique, sensation de vide, impression d’être vidé physiquement, émotionnellement face aux exigences émotionnelles du travail.
  • Une dépersonnalisation / deshumanisation : insensibilité, repli, désinvestissement de la relation à l’autre, retrait, indifférence. Se traduit par une insensibilité au monde environnant, un repli sur soi, une rupture par rapport aux personnes dont on a la charge (élève, clients, patients etc) , un désinvestissement psychologique.  L’individu ne se reconnait plus, ne sait même plus ce qui l’anime

 Ces 2 premiers caractéristiques (épuisement émotionnel + dépersonnalisation) sont les prémices :

  • D’une diminution de l’accomplissement personnel au travail : impression de ne pas être à la hauteur des exigences du poste, impression d’échec professionnel, de gâchis.

Les répercussions de ce stress, de cette souffrance au travail qui devient chronique va être à l’origine du Burn Out

Le Burn Out ne survient pas d’un jour à l’autre, il s’immisce progressivement sans forcément en avoir conscience et glisse vers un état d’épuisement. 

Le Burn Out est la conséquence d’un stress chronique (= détresse psychologique qui peut entrainer divers symptômes et parfois le déclenchement d’un trouble) dont les répercussions sont les suivantes :

  • Physiques : tensions musculaires, troubles du sommeil, maux de dos, problèmes gastro-intestinaux, troubles cardiovasculaires ou musculo squelettiques, hypertension …
  • Psychologiques : diminution de la confiance en soi, difficultés de concentration, mémoire, prise de décision…
  • Comportement : irritabilité, agressivité, le repli sur soi…

La source du Burn Out est donc très physiologique. Il est donc important d’en repérer les signes avant-coureurs tel que la fatigue croissante qui nécessite l’augmentation d’excitants tel que la caféine pour « tenir », l’utilisation de somnifères ou d’alcool pour dormir…

Le fonctionnement du stress

Le stress est une réaction de l’organisme lorsqu’il est soumis à des contraintes externes. Il nous permet de générer une transformation biochimique et neurobiologique et d’activer le système immunitaire :

  • De façon aigue : Cela nous permet de réagir puis les hormones (cortisol) diminuent une fois le danger passé. C’est un phénomène banal et éphémère.
  • De façon chronique : Les hormones restent en quantité très élevées et génèrent un épuisement physique et psychologique (→ burn-out). Nous n’arrivons plus à compenser par des bénéfices et nos ressources. Cette exposition au stress est particulièrement nocive pour notre santé.

Chacun est différent (génétique, personnalité, situation sociale, vécu …), nous n’avons donc pas tous la même résistance au stress.

Au travail, le stress va être ressenti lorsqu’un déséquilibre est perçu entre ce qui est exigé de la personne et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces exigences. 

En France, 1 salarié sur 4 est en effet régulièrement en situation de stress chronique. 

Hans Selye (médecin québécois 1907-1982)  a différencié le stress positif (améliore la concentration, la mémoire, nous met en alerte) et le stress négatif (ne permet pas un retour à l’équilibre de notre organisme et entraine une détresse de l’organisme).

Ainsi, il décrit 3 étapes face au stress : 

  1. L’étape de l’alarme 
    • Les symptômes : Augmentation du rythme cardiaque et/ou de la tension artérielle et/ou de la température corporelle et/ou de la respiration suite à l’augmentation des hormones du cortisol et de l’adrénaline => Augmentation de l’oxygène aux organes sollicités.

Cela entraine un état de vigilance permettant la préparation au combat ou la fuite.

  1. L’étape de la résistance (si situation stressante perdure) = Phase d’adaptation de l’organisme
    • Les symptômes : augmentation des glucocorticoïdes (= gestion du sucre) afin que l’organisme se prépare aux dépenses énergétiques nécessaires pour lutter ou fuir.

Cette phase d’adaptation correspond souvent à l’augmentation de produits soit pour tenir le coup (excitants tel que le café), soit pour se détendre (alcool, tabac, médicaments..).

  1. L’ étape de l’ épuisement des ressources physiologiques, émotionnelles et mentales
    • Les symptômes : fatigue, irritabilité, diminution de la concentration, relâchement du système immunitaire… Cela s’explique par la libération continue d’adrénaline et de cortisol qui affaiblit notre organisme et entraine une fatigue extrême, souvent accompagnée de l’impossibilité de continuer à travailler ainsi que l’apparition de maladies (dépression, maladies cardio-vasculaires, maladies auto-immunes…)

Historique du Burn Out

Le terme de Burn-Out est né en 1974 grâce à Herbert Freudenberger (psychologue Américain) et signifie consumation totale.

Mr Freudenberger utilise le terme de « Burn Out » comme une métaphore de l’état de ses patients : « Ils sont tellement épuisés par leur travail qu’ils sont comme brûlés de l’intérieur. Je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte ».

Voici la définition qu’il en donne : C’est un syndrome d’épuisement des ressources physiques et psychiques lié à un investissement professionnel important.

Dans un premier temps, le terme de Burn Out concerne uniquement les professions d’aide à cause des exigences émotionnelles importantes (enjeu élevé de la relation à l’autre).

Au milieu des années 90, le terme de Burn Out s’étend aux autres professions pour leur investissement prolongé et intense dans des situations émotionnellement exigeantes. 

Puis l’INRS (institut national de recherche et de statistique) donne une nouvelle définition du Burn Out : Syndrome d’épuisement professionnel et ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnels et chroniques. 

  • Le Burn out couvre un large spectre qui va d’une fatigue intense à une pathologie de type dépression d’épuisement, en désignant à la fois les causes et les symptômes. 
  • Le point commun entre la diversité des travailleurs est leur fort engagement personnel au travail.
  • Le Burn out est alors défini comme un état d’épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail émotionnellement exigeantes.

Par la suite différentes formes d’épuisement professionnel ont été décrites : 

  • Le burn-out provient de to burn out : s’éteindre, s’arrêter par manque de carburant, d’énergie
  • Le bore-out vient de to bore : ennuyer, auquel on a ajouté le suffixe -out par référence au burn-out
  • Le brown-out quant à lui est un emprunt au vocabulaire de l’énergie. En anglais un brown-out désigne le fait de baisser, volontairement ou non, l’intensité électrique afin d’éviter la surchauffe. Le rapport avec la perte de sens réside ici dans la baisse d’énergie et d’engagement que la pathologie du brown-out provoque.